SORTIE AU PHARE PARMI LES 1000 MAGIES DE PASCAL et les dégâts de l’« INTELLIGENCE » artificielle. Par Paolo Gino

Ce fut un coup au cœur de revenir dans l’immense pinède du Bassin d’Arcachon, à Bordeaux, en France, après qu’une grande partie a pris feu et qu’une centaine de maisons ont été détruites dans les immenses incendies de juillet 2026, lorsque 140 000 habitants furent évacués par la mer.

Malgré cela, notre membre Pascal Comte a choisi ce lieu charmant mais retiré, même pour les Français, pour fêter ses mille MARATHONS. Pourquoi justement ici ? Je me le suis demandé pendant le long voyage tourmenté : pourquoi ?

Personne ne lira tout l’article, mais je vous l’explique ci-dessous.

Tout d’abord, malgré l’incendie, il règne ici une atmosphère imperceptiblement magique que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le CAP Ferret est une langue de sable et de pins suspendue entre les eaux calmes du Bassin d’Arcachon et les vagues impétueuses de l’océan Atlantique. Courir un marathon, c’est se laisser bercer par les rythmes lents et insaisissables dictés par les marées, entre silences et brises. Chaque fois que je suis venu ici, j’ai été captivé par son âme sauvage, peu chic et profondément liée à la nature.

Pascal a aussi choisi ce lieu parce que les organisateurs lui ont réservé un accueil de véritable Héros, en tant que premier Français vivant en France à mener à terme les 1000 marathons et ultras. De plus, pendant les dix derniers kilomètres de la course, une centaine de marathoniens et de supporters se sont joints au fêté et à son épouse Chantal dans une arrivée pyrotechnique.

Le soir, un riche paella party a suivi, dédié à lui et à environ 150 invités, dont plusieurs venus de loin, comme Adam Holland, le recordman d’Orta. Pour beaucoup de super marathoniens italiens aussi, les Comte font assurément partie de la Famille, puisqu’ils ont partagé avec Eux des centaines de courses du Club Supermarathon Italia.

Mais les Français se sont montrés, en cette occasion, vraiment chaleureux avec leur héros, avec des chants de stade et de nombreux discours et hommages. Parmi les nombreux trophées et cadeaux, un tableau se distingue : le portrait de Pascal devant le phare du CAP FERRET.

Le phare est le symbole du lieu et, depuis le sommet de ses 57 mètres, on domine tout l’écosystème de la presqu’île ; il dégage une magie typique des phares et du vent qui apporte des histoires d’autres mondes. Pendant la course, les marathoniens le doublent deux fois, comme s’ils devaient partir pour de dangereuses navigations.

Puis ils passent et vont vers la Pointe, où se trouvent les vestiges des bunkers du Mur de l’Atlantique de la Seconde Guerre mondiale, qui gisent sur le sable, transformés par le temps en mémorial d’un passé dramatique.

Mais la chose la plus fascinante de la course est justement de traverser les villages de pêcheurs, avec leurs cabanes en bois et leurs petits auvents où l’on apporte les huîtres le soir et où l’on conserve des histoires comme celle du marin Mimbeau, légende locale, et du pionnier Léon Lesca qui, dans les années 1860, conçut les cabanes caractéristiques pour le travail des huîtres, donnant forme aux villages actuels comme L’Herbe et Le Canon.

Ils passent en courant juste devant des petits restaurants qui semblent improvisés, mais qui sont là depuis 200 ans. À l’entrée, ils ont de grands viviers limpides d’où l’on extrait les huîtres ou les escargots de mer au choix des convives.

Cette course du Cap Ferret est vécue comme la fuite vers un refuge primordial plongé dans une pinède infinie à explorer le long des pistes des villages ostréicoles. Une douce course entre silences et vent qui laisse son empreinte. https://marathon-des-villages.com/

Voilà les Mille Magies de Pascal.

Si la Magie de Pascal s’est révélée dans toute sa splendeur, ma femme et moi, à Bordeaux, nous avons été frappés par le maléfice des IA, les intelligences artificielles.

Notre petit voyage de week-end pour honorer son record est devenu, grâce à l’« intelligence » artificielle, une aventure interstellaire. Le programme était simple et déjà testé : partir avec Easy Jet le vendredi soir pour Bordeaux, louer un camping-car et rentrer le mardi. Tout s’est passé à l’envers.

Il existe une part de saine malchance, mais ce n’est pas que de la malchance, et la raconter montre à quel point les temps ont changé.

En 65 ans, j’ai plus vécu dans les avions qu’à terre et j’ai traversé des embargos, des tsunamis, le 11 septembre (qui est aussi mon anniversaire, soupir), des éruptions de volcans islandais et siciliens et diverses pandémies. Bloqué à droite et à gauche dans le monde, il y avait toujours eu quelqu’un vers qui se tourner pour gérer les différentes crises et annulations.

Mais le monde a évolué : désormais, même si l’on est habile à bidouiller sur le net, on est à la merci d’Intelligences artificielles et de diverses applications qui leur sont connectées. Mais ici je voudrais dire qu’il existe aussi une grande part de marketing : les entreprises ont intérêt à démontrer que leurs modèles d’applications et d’« intelligence » artificielle sont très avancés, et elles ne mettront jamais quelqu’un pour répondre. Cela ne signifie pas que les risques diminuent grâce à leurs IA, ni que les capacités de l’IA ne soient pas réelles, mais en cas d’urgence elles ne font que nous embrouiller. Il faudrait des vérifications indépendantes des Entreprises, surtout pour les modèles d’utilité publique, et en cas de crise il faut quelqu’un qui réponde au téléphone aux humains, puis au juge.

Voici les faits :

Le vendredi 16.10.26 à 17h30, le BordeauxMxp EasyjetEzy2776 aurait dû partir de Malpensa.

Mais ce vendredi-là a été le vendredi noir de Tim, qui a bloqué les communications des tours de contrôle pour des raisons allant de l’IA au piratage informatique en passant par l’espionnage russe ; le vice-Premier ministre Salvini enquête encore… Le pourcentage de vols annulés ce jour-là en Italie a frôlé les 60 pour cent.

Donc, après 5 heures de retard, on nous annonce que le vol est annulé définitivement. On peut récupérer l’argent ou tenter des alternatives. Et c’est ici qu’entrent en jeu des applications alambiquées et des répondeurs artificiels qui, même avec une formation informatique adéquate, ne résolvent rien.

Après une bonne heure de tentatives, nous réussissons à obtenir une nuitée près de Malpensa, puis un vol pour Paris à 17 heures le lendemain, samedi 17 octobre. Arrivés là, nous traversons tout Paris en métro (rempli de manifestants du 17 octobre !), et nous atteignons au bout d’une heure la gare du Sud-Ouest dite Gare d’Austerlitz.

Là, nous attendons pendant trois heures, glacés, au milieu d’une curieuse faune locale, un train de nuit qui nous conduira à Bordeaux à l’aube.

Entre métros, gares et trains, il en ressort un curieux aperçu de la capitale française de 2026. Voyous, musiciens, étudiants, familles et globe-trotters que l’IA ne comprendra jamais, même en étudiant tous les traités d’Anthropologie.

Nous arrivons à 5 heures du matin à la Gare de Bordeaux Saint-Jean ; la gare est encore fermée, nous ne pouvons pas sortir et nous sommes prisonniers derrière les grilles, parmi les clochards et des jeunes gens égarés qui arrivent eux aussi du Paris en feu. À 5h30 ils ouvrent, mais dehors il gèle : il fait 4 degrés français.

Nous devons aller chercher le camping-car près de l’aéroport de Bordeaux, où nous aurions dû atterrir la veille au soir.

Pour économiser 100 euros de taxi, nous attendons un tram que l’IA nous donne au départ à 7h08, et le tableau des horaires aussi. Rien : 5 minutes avant, l’inscription « Course annulée » apparaît à l’arrêt. Penauds, nous trouvons un taxi qui nous emmène récupérer le camping-car moyennant une belle somme.

Et ici commence un autre épisode tragique, peu « Intelligent ». Malgré les e-mails et les confirmations, la société ROADSURFER est fermée. Portail verrouillé et 4 degrés de froid français. Tout autour, une lande désolée.

L’aimable Chat de l’intelligence artificielle ne nous donne aucune nouvelle, mais nous berce dans le froid du matin avec d’infinies excuses très polies dont nous n’avons que faire. À la fin, un numéro de Munich en Bavière à appeler apparaît ; pendant une bonne heure, un standard poli répond, en 8 langues, que tous les agents sont occupés sur d’autres conversations à 8 heures du matin un dimanche…

Comme la grande retraite de l’ARMIR de Russie, nous nous dirigeons en marchant à pied à la recherche d’une voiture dans la steppe atlantique. Des sociétés de location surgissent, que nous trouvons trois km plus loin, près de l’aéroport de Bordeaux.

Entre-temps, un pâle soleil est apparu et on dirait que nous avons traversé le Don. Là aussi, applications et sites ne nous aident pas à trouver une voiture Just in time à bas prix parmi les parkings de l’aérogare.

À la fin, nous entrons chez Sixt, qui d’expérience coûte peu, mais je me fais littéralement plumer. Merci l’IA.

Enfin, vers 10 heures, nous montons à bord d’une très laide mais chaude Citroën C3 Aircross et partons en direction du CAP FERRET. Entre-temps, le Marathon des Villages est parti et ma femme Simona, malgré ses efforts, est restée sur le carreau.

Nous faisons donc une grande et triste traversée parmi les pins brûlés en juillet dernier pour rejoindre le centre du marathon et participer, en soutien, aux 10 derniers km de Pascal Comte et fêter avec lui, en lui remettant à l’arrivée ce qu’ils appellent le « Macaron », c’est-à-dire l’écusson des 1000 Marathons, exploit qui a parfaitement réussi, voir la vidéo ci-jointe.

Mais ce n’est pas fini. Un jour et demi plus tard, nous nous présentons à l’aéroport de Bordeaux largement en avance pour prendre à 21h30, le 20.10.26, le BordeauxMxp EasyjetEzy2776.

La scène se répète malheureusement, mais cette fois dans un petit aéroport. Retard allant jusqu’à trois heures puis inexplicable annulation vers minuit. Les 150 âmes abandonnées entre applications et IA s’agitent comme des naufragés sur les vagues d’une tempête. Personne ne comprend comment faire pour rentrer. Puis ils disent qu’à midi le lendemain il y aura un nouveau vol. Et alors, tout le monde se met à bidouiller et à pester, l’écume à la bouche, entre applications et liens inexistants.

Tous finiront en deux heures environ installés dans des hôtels d’urgence avec de nouveaux billets pour le lendemain, mais quelle rage…

Si Mille Marathons, c’est beaucoup, un voyage « Intelligemment Artificiel » à Bordeaux est bien plus difficile.

Vidéo Magique Pascal https://youtu.be/gGNrK6CKb1c

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